CAMILLE CLAUDEL DE LA VALSE AU BAISER – EL MERCURIO

EL MERCURIO Santiago de Chile 14 de octubre 2006

« Camille Claudel » Loca de amor

De todos los montajes que en Chile se han hecho sobre la vida de la escultora y amante de Rodin, éste es el más logrado.

Crítica de Pedro Labra Herrera

Claudia Saldivia dirige “Camille Claudel” en la Estación Mapocho.

Tercer montaje aquí sobre la escultora maldita de tortuoso destino (el anterior fue el año pasado), "Camille Claudel, del vals al beso" es sin duda el más logrado. En 45 minutos, la estilizada puesta en escena despliega una potente y sensible evocación poética a tres voces de la artista, que es a la vez su desesperado adiós tras 30 años en un manicomio. Desamor, reclusión y muerte son para ella la misma cosa.

La francesa Anne-Marie Cellier escribió a partir de sus cartas el texto en que Camille-transfigurada en tres actrices vestidas con blancos trajes que parecen camisas de fuerza o mortajas- se arrastra y humilla suplicando amor de su maestro, Rodin, mucho mayor que ella, al que idolatró de modo obsesivo y extremo, mientras surgen en su delirio pasajes y otros personajes clave en su vida (su hermano Paul, poeta dramático, desde luego, su otro amor malsano). Como las alusiones son vagas, conviene manejar información previa de su biografía.

Este ceremonial alucinado de abandono y fúnebre sensualidad ocurre en un pasillo cubierto por una gran sábana blanca, flanqueado por sillas enfundadas para el público. En "off" y por parlantes se escuchan las voces de Rodin y Paul.

Las intensas actuaciones, las luces y la música ejecutada en vivo a un costado se conjugan para crear el clima de desgarro, enrarecido e irreal. Algunos textos son dichos en francés porque se trata de un colectivo binacional, que el próximo año hará con la obra una gira por Suiza y Francia, incluyendo presentaciones en el Festival de Avignon.

Publié dans EL MERCURIO, Santiago du Chili 2006


Traduction Critique 

El Mercurio
Santiago du Chili, samedi 14 octobre 2006.

« Camille Claudel » Folle d’amour

De tous les montages qui se sont faits au Chili sur la vie de la sculptrice et amante de Rodin, celui-ci est le plus réussi.

Pedro Labra Herrera.

Claudia Saldivia met en scène “Camille Claudel” à Estación Mapocho.

Troisième montage au sujet de la maudite sculpteur au destin tortueux (le dernier montage date de l’année passée), « Camille Claudel, del vals al beso » est sans aucun doute le plus réussi. En 45 minutes, la mise en scène stylisée dévoile une puissante et sensible évocation poétique à trois voix de l’artiste qui est aussi un adieu désespéré après 30 ans d’enfermement. Désamour, réclusion et mort ont pour elle la même signification.

C’est à partir de lettres écrites par la sculptrice que la française Anne-Marie Cellier a écrit le texte qui montre une Camille interprétée par trois actrices vêtues de costumes blancs aux allures de camisoles de force ou de mortaises. Le texte dévoile une femme qui se traîne et s’humilie en suppliant l’amour de son maître beaucoup plus âgé qu’elle, Rodin, celui qu’elle a idolâtré de manière obsessive et extrême pendant que surgissent dans son délire d’autres personnages clé de sa vie (son frère Paul, poète dramatique, son autre amour malsain). Comme les évocations de la vie de l’artiste sont vagues, il est utile de s’informer au préalable de la biographie de Camille.

Ce cérémonial d’abandon halluciné et de sensualité funèbre se déroule sur un couloir recouvert d’un grand drap blanc et bordé de chaises couvertes de tissu de même couleur pour le public. En voix « off » on entend parler Rodin et Paul.

Les jeux intenses, les lumières et la musique jouée en vivo sur un côté de l’espace scénique se conjuguent pour créer un climat de désarroi étrange et irréel. Certaines parties du texte sont dites en français parce qu’il s’agit d’un collectif binational qui, l’année prochaine, partira en tournée avec cette œuvre en Suisse et en France incluant, entre autres, des représentations au Festival d’ Avignon.

Publié dans EL MERCURIO, Santiago du Chili 2006