LA DAME AU VIOLONCELLE – L’Omnibus

Par Eliane Junod

LA DAME AU VIOLONCELLE

Samedi soir, pour une veillée de spectacle sur fond de violoncelle, la Tournelle affiche complet. Trois cubes roses fluorescents et deux femmes à la robe rouge avec une coiffure à la mode charleston sur scène.

La dame au violoncelle ?

Ce peut être vous ; ce peut être moi. Ce sont toutes ces femmes, qui, dans un moment de leur vie, ont dû faire semblant. Sur un texte brillant de Guy Foissy, la dame au violoncelle nous conte sa quête d’amour. Elle s’adresse à un juge fictif. Quel crime a-t-elle donc commis ? A-t-elle vraiment brûlé le « cher disparu » dans le four à pizza au fond du jardin ?

Sa mère voulait qu’elle jouât du piano. Mais elle n’avait aucune affinité avec cet instrument « aux dents de la mer ». Elle n’aimait que le violoncelle. À quinze ans, elle a commencé à faire semblant d’apprendre à tirer des sons de cet instrument dont on raconte que les cordes sont celles d’un chanteur divin. Elle qui vivait dans l’ombre du « cher disparu », a fini par nouer un rapport charnel avec le violoncelle. Le compagnon ne l’a pas supporté.

Un crime parfait ?

Ce crime, l’a-t-elle fantasmé ? L’a-t-elle perpétré ? En fait, il n’est qu’un prétexte. Par la voix de Christine Jordan, Guy Foissy nous livre ses réflexions sur la vie, sur les faux-semblants qui nous collent aux basquets. Et d’avouer : «  On n’est sincère qu’avec ses rêves. Et la comédie commence quand les rêves s’achèvent. »

Claudia Saldivia Vega a signé une mise en scène subtile. Le dialogue entre la dame au violoncelle (qui n’en joue pas) et Fanny Balestro la violoncelliste accomplie, est léger et donne des ailes à cette pièce qui a des allures de tragédie et intrigue le spectateur. Il n’a pas boudé son plaisir en ovationnant les interprètes.

                                                                                                                                                                                                                                        Publié dans L'Omnibus, le vendredi 23 mai 2014