ASHES TO ASHES
Le Dauphiné Libéré – Par Nathalie Feildel

DE BEAUX MOMENTS CE WEEK-END À LA COMÉDIE AVEC LE COLLECTIF ALTERNANCE THÉÂTRE 

GRAND SUCCÈS DE LA PIÈCE DE HAROLD PINTER, « ASHES TO ASHES », INTERPRÉTÉE PAR DES COMÉDIENS DE TALENT. 

La pièce de Harold Pinter, « Ashes to Ashes » a donné lieu à deux représentations à la Comédie de Ferney ce week-end. 

Ce texte, malheureusement peu connu et peu monté, traite de deux personnages, un homme et une femme, Devlin et Rebecca. 

Un texte magnifique, mais difficile à mettre en scène car il donne peu d’indications. 

« La femme est sur scène avec tous les souvenirs, les images qui harcèlent notre vie », explique Claudia Saldivia Vega, metteur en scène. 

« L’homme peut être son mari, son amant, son psy ou même un tortionnaire. Rebecca parle des horreurs qu’elle a vues, des autres personnes qui les ont vécues. Puis, au point tournant de la pièce, elle prend son enfant dans ses bras et dit « j’ai pris mon bébé. » Un moment essentiel pour Pinter qui signifie qu’on doit prendre l’Histoire, l’assumer et en être responsable. » 

Le collectif Alternance Théâtre, qui a monté le spectacle, a été créé en 2006 en Suisse. C’est la première fois qu’il jouait à Ferney. 

La musique, les décors et les lumières, de grande qualité, ont parfaitement mis en valeur le jeu de ces deux excellents acteurs. 

Publié dans Le Dauphiné Libéré, le mardi 15 décembre 2015 

 

ACCIDENTS D’AMOUR
La Quinzaine culturelle Journal de Morges

Vendredi 23 septembre 2005 

Accidents d’amour… deux courtes pièces étaient présentées ce dernier week-end au Grand-Cellier du Château de La Sarraz par la Compagnie Alternance Théâtre, que dirige à Eclépens la comédienne professionnelle Claudia Saldivia Vega, Chilienne d’origine et Suissesse par mariage. 

D’abord Fait divers, du dramaturge Michel Azama (né en Catalogne en 1947), ensuite Parle-moi comme la pluie et laisse-moi écouter… de l’Américain Tennessee Williams (1991-1983). Le public passe à se guise d’une cave voûtée à l’autre et les comédiens jouent à portée de main des spectateurs. 

Cette proximité inhabituelle souligne encore le côté dramatique et le jeu très « premier degré » des acteurs, deux couples submergés par la violence, les frustrations et la difficulté de communiquer dans notre société. 

Le magnifique comédien professionnel Cristiàn Lagreze del Solar, incarnation de l’émigré rejeté et dévoré de haine contre l’injustice sociale, tient pendant vingt minutes la jeune Christine Jordan, symbole des jeunes cadres dynamiques, dans la ligne de mire de son revolver. Le rôle de la jeune femme est particulièrement délicat, et elle s’en sort plutôt bien ! Dans l’autre salle, Bruna Trinco et Jean-Michel Amman errent comme un couple de paumés en plein délire antinomique de « je te quitte-viens avec moi… », dans un climat psychologique désaxé que souligne magnifiquement leur jeu. Deux moments intenses, d’un expressionnisme violent.  

JJG. 

Publié dans Le journal de Morges, le vendredi 23 septembre 2005 

 

CHARLOTTE SALOMON VIE ? OU THÉÂTRE ?
L’Omnibus – Par Natacha Mahaim

Poignant monologue: « Charlotte Salomon Vie ? ou Théâtre? » 

Pour le dernier spectacle de la saison, la Tournelle a choisi de présenter une production du Collectif Alternance Théâtre, qui est basé à Orbe. Ce projet théâtral est le deuxième volet d’un triptyque dramatique sur le thème de « Portraits de Résistance », en recherchant particulièrement le rôle et la place de la femme dans l’art entre 1850 et 1950. 

Le premier volet était consacré à Frida Kahlo ; « Charlotte Salomon Vie ? ou Théâtre » en est le deuxième, et parle de la vie et de l’œuvre d’une jeune artiste juive allemande avant et pendant la Deuxième Guerre mondiale. Entre 1940 et 1942, elle a écrit et illustré une œuvre autobiographique où elle évoque non seulement le destin tragique du peuple juif à cette époque, mais également le propre drame de sa vie marquée par le suicide précoce de sa mère ainsi que de plusieurs autres femmes de sa famille. Elle a mis son livre en lieu sûr avant d’être déportée et probablement rapidement gazée en octobre 43. Il est actuellement au musée juif d’Amsterdam. L’auteure dramatique Anne-Marie Cellier en a fait un texte très poétique et très fort. 

Sur une mise en scène de Claudia Saldivia Vega, c’est un long monologue tenu de bout en bout para la comédienne Swan Starosta en une étonnante Charlotte Salomon depuis l’enfance jusqu’à sa mort. Un décor sobre, mais sinistre, des barbelés et des têtes de morts, nous mettent tout de suite dans l’ambiance. Le monologue est accompagné par une violoncelliste, Fanny Balestro, dont la création musicale entrecoupe et/ou souligne le drame qui se joue. Le public nombreux a longuement applaudi. Cette pièce sera notamment encore jouée cet été au festival d’Avignon.  

Publié dans L’Omnibus, le vendredi 6 juillet 2012

 

CHARLOTTE SALOMON VIE ? OU THÉÂTRE ?
La Provence – Par Antoine Laurent

Ouf ! Voici ma réaction en sortant de cette représentation, pour laquelle il vaut mieux prévenir une bonne dose d’optimisme et de gaité avant de s’attaquer au destin tragique d’une jeune peintre juive, Charlotte Salomon, plongée dans les traumatismes de ses drames familiaux et de la cruauté du monde dans lequel elle est immergée. 

Loin de tomber dans les pièges d’un registre trop pathétique, cette pièce poignante, mêlant chants, musique d’opéra et images de projection, vous met à nu devant les souffrances de l’artiste, sa volonté de vivre et de ce fait réussi à délivrer un formidable message d’espoir. La performance saisissante des actrices fait mouche. Un spectacle sobre, mais sacrément efficace !  

Publié dans La Provence, le mercredi 18 juillet 2012

 

LA DAME AU VIOLONCELLE
L’Omnibus – Par Eliane Junod

LA DAME AU VIOLONCELLE 

Samedi soir, pour une veillée de spectacle sur fond de violoncelle, la Tournelle affiche complet. Trois cubes roses fluorescents et deux femmes à la robe rouge avec une coiffure à la mode charleston sur scène. 

 La dame au violoncelle ? 

Ce peut être vous ; ce peut être moi. Ce sont toutes ces femmes, qui, dans un moment de leur vie, ont dû faire semblant. Sur un texte brillant de Guy Foissy, la dame au violoncelle nous conte sa quête d’amour. Elle s’adresse à un juge fictif. Quel crime a-t-elle donc commis ? A-t-elle vraiment brûlé le « cher disparu » dans le four à pizza au fond du jardin ? 

Sa mère voulait qu’elle jouât du piano. Mais elle n’avait aucune affinité avec cet instrument « aux dents de la mer ». Elle n’aimait que le violoncelle. À quinze ans, elle a commencé à faire semblant d’apprendre à tirer des sons de cet instrument dont on raconte que les cordes sont celles d’un chanteur divin. Elle qui vivait dans l’ombre du « cher disparu », a fini par nouer un rapport charnel avec le violoncelle. Le compagnon ne l’a pas supporté. 

Un crime parfait ? 

Ce crime, l’a-t-elle fantasmé ? L’a-t-elle perpétré ? En fait, il n’est qu’un prétexte. Par la voix de Christine Jordan, Guy Foissy nous livre ses réflexions sur la vie, sur les faux-semblants qui nous collent aux basquets. Et d’avouer : «  On n’est sincère qu’avec ses rêves. Et la comédie commence quand les rêves s’achèvent. » 

Claudia Saldivia Vega a signé une mise en scène subtile. Le dialogue entre la dame au violoncelle (qui n’en joue pas) et Fanny Balestro la violoncelliste accomplie, est léger et donne des ailes à cette pièce qui a des allures de tragédie et intrigue le spectateur. Il n’a pas boudé son plaisir en ovationnant les interprètes. 

Publié dans L’Omnibus, le vendredi 23 mai 2014

 

LA DAME AU VIOLONCELLE
L’Omnibus – Par Eliane Junod

LA DAME AU VIOLONCELLE

Samedi soir, pour une veillée de spectacle sur fond de violoncelle, la Tournelle affiche complet. Trois cubes roses fluorescents et deux femmes à la robe rouge avec une coiffure à la mode charleston sur scène.

La dame au violoncelle ?

Ce peut être vous ; ce peut être moi. Ce sont toutes ces femmes, qui, dans un moment de leur vie, ont dû faire semblant. Sur un texte brillant de Guy Foissy, la dame au violoncelle nous conte sa quête d’amour. Elle s’adresse à un juge fictif. Quel crime a-t-elle donc commis ? A-t-elle vraiment brûlé le « cher disparu » dans le four à pizza au fond du jardin ?

Sa mère voulait qu’elle jouât du piano. Mais elle n’avait aucune affinité avec cet instrument « aux dents de la mer ». Elle n’aimait que le violoncelle. À quinze ans, elle a commencé à faire semblant d’apprendre à tirer des sons de cet instrument dont on raconte que les cordes sont celles d’un chanteur divin. Elle qui vivait dans l’ombre du « cher disparu », a fini par nouer un rapport charnel avec le violoncelle. Le compagnon ne l’a pas supporté.

Un crime parfait ?

Ce crime, l’a-t-elle fantasmé ? L’a-t-elle perpétré ? En fait, il n’est qu’un prétexte. Par la voix de Christine Jordan, Guy Foissy nous livre ses réflexions sur la vie, sur les faux-semblants qui nous collent aux basquets. Et d’avouer : «  On n’est sincère qu’avec ses rêves. Et la comédie commence quand les rêves s’achèvent. »

Claudia Saldivia Vega a signé une mise en scène subtile. Le dialogue entre la dame au violoncelle (qui n’en joue pas) et Fanny Balestro la violoncelliste accomplie, est léger et donne des ailes à cette pièce qui a des allures de tragédie et intrigue le spectateur. Il n’a pas boudé son plaisir en ovationnant les interprètes.

Publié dans L’Omnibus, le vendredi 23 mai 2014

 

CAMILLE CLAUDEL DE LA VALSE AU BAISER
EL MERCURIO – Par Pedro Labra Herrera

EL MERCURIO Santiago du Chili, samedi 14 octobre 2006 

« Camille Claudel » Folle d’amour  

De tous les montages qui se sont faits au Chili sur la vie de la sculptrice et amante de Rodin, celui-ci est le plus réussi.  

Claudia Saldivia met en scène “Camille Claudel” à Estación Mapocho 

Troisième montage au sujet de la maudite sculptrice au destin tortueux (le dernier montage date de l’année passée), « Camille Claudel, del vals al beso » est sans aucun doute le plus réussi. En 45 minutes, la mise en scène stylisée dévoile une puissante et sensible évocation poétique à trois voix de l’artiste qui est aussi un adieu désespéré après 30 ans d’enfermement. Désamour, réclusion et mort ont pour elle la même signification.  

C’est à partir de lettres écrites par la sculptrice que la Française Anne-Marie Cellier a écrit le texte qui montre une Camille interprétée par trois actrices vêtues de costumes blancs aux allures de camisoles de force ou de mortaises. Le texte dévoile une femme qui se traîne et s’humilie en suppliant l’amour de son maître beaucoup plus âgé qu’elle, Rodin, celui qu’elle a idolâtré de manière obsessive et extrême pendant que surgissent dans son délire d’autres personnages clés de sa vie (son frère Paul, poète dramatique, son autre amour malsain). Comme les évocations de la vie de l’artiste sont vagues, il est utile de s’informer au préalable de la biographie de Camille.  

Ce cérémonial d’abandon halluciné et de sensualité funèbre se déroule sur un couloir recouvert d’un grand drap blanc et bordé de chaises couvertes de tissu de même couleur pour le public. En voix « off », on entend parler Rodin et Paul.  

Les jeux intenses, les lumières et la musique jouée en vivo sur un côté de l’espace scénique se conjuguent pour créer un climat de désarroi étrange et irréel. Certaines parties du texte sont dites en français parce qu’il s’agit d’un collectif binational qui, l’année prochaine, partira en tournée avec cette oeuvre en Suisse et en France incluant, entre autres, des représentations au Festival d’Avignon 

Publié dans EL MERCURIO, Santiago du Chili le samedi 14 octobre 2006

 

L’ULTIME CRI DE FRIDA KAHLO
L’Omnibus – Par Marlène Rézenne

SPECTACLE INTENSE

Le texte d’Anne-Marie Cellier qui emmenait le spectateur pour un voyage dans l’âme de la célèbre peintre et révolutionnaire mexicaine, paraissait sortir de la bouche de l’artiste. Il traduisait avec force ses souffrances : son immobilité, ses douleurs physiques (dues à un accident de bus), sa solitude, ses angoisses, sa démesure amoureuse, sa folie…

Seule sur scène, dans un espace fait de lumières épurées, sombres et rouges, Claudia Saldivia Vega, interprétait divinement bien l’artiste-peintre, ne laissant place à rien d’autre que la parole de Frida ; elle lui donnait vie, accompagnée par Diego Baeza, guitariste extraordinaire et doté d’une voix envoûtante, qui collait au monologue, à l’ultime cri de Frida Kahlo, à sa délivrance !

Difficile d’applaudir quand une interprétation pareille vous envahit, littéralement…

Puis ce fut une véritable ovation…une heure d’un monologue intense qui laissera des traces dans le public.

Publié dans L’Omnibus, le vendredi 13 mars 2009

 

L’ULTIME CRI DE FRIDA KAHLO
LES TROIS COUPS – Émilie GALLET

LES TROIS COUPS
LE JOURNAL DU SPECTACLE VIVANT EN FRANCE
« Le bon critique est celui qui raconte les aventures de son âme au milieu des chefs-d’œuvre » A.FRANCE

LUNDI 16 JUILLET 2007

UN PUISSANT MONOLOGUE

L’Ultime Cri de Frida Kahlo est un véritable voyage dans l’âme de la célèbre peintre mexicaine. Le texte d’Anne-Marie Cellier paraît sortir directement de la bouche de l’artiste tant il traduit avec force ses souffrances : son immobilité, sa solitude, ses douleurs physiques et psychologiques, ses angoisses, sa folie…

On est plongé tout de suite dans le tourbillon Frida Kahlo : ceux qui la connaissent et qui l’aiment ne seront pas déçus et les autres seront certainement bouleversés par son univers si particulier, si touchant, mais aussi si oppressant. On a beaucoup de compassion pour cette femme peintre, qui est passée par les pires épreuves physiques (poliomyélite, accident de bus…), mais qui a toujours continué à peindre et à militer pour ses idées révolutionnaires dans ce Mexique de la première partie du vingtième siècle.

L’auteure de la pièce a choisi de redonner vie à Frida Kahlo sous la forme d’un puissant monologue à la mesure des épreuves de sa vie. Claudia Saldivia interprète divinement bien l’artiste peintre, elle nous donne ses tripes, sa fragilité, son talent… En effet, que serait un beau texte sans une bonne comédienne ? Claudia Saldivia est touchante et troublante, on aimerait l’écouter plus longtemps, une heure ne suffit pas !

La metteuse en scène, qui n’est autre que l’interprète de Frida, a voulu un espace et des lumières épurés, ne laissant place à rien d’autre que la parole de Frida Kahlo, seule face à nous, perdue, fragile et apeurée. Aussi envoûtante que la comédienne, la musique qui va et revient, nous entraîne dans ses rythmes andalous. À travers cette pièce, nous entendons retentir l’ultime cri de Frida Kahlo…

Émilie GALLET
Les Trois Coups
http://www.lestroiscoups.com/
Création Avignon 2007

Publié dans Festival et Off, 2007

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