PRESSE

LA DAME AU VIOLONCELLE – L’Omnibus

Par Eliane Junod

LA DAME AU VIOLONCELLE

Samedi soir, pour une veillée de spectacle sur fond de violoncelle, la Tournelle affiche complet. Trois cubes roses fluorescents et deux femmes à la robe rouge avec une coiffure à la mode charleston sur scène.

La dame au violoncelle ?

Ce peut être vous ; ce peut être moi. Ce sont toutes ces femmes, qui, dans un moment de leur vie, ont dû faire semblant. Sur un texte brillant de Guy Foissy, la dame au violoncelle nous conte sa quête d’amour. Elle s’adresse à un juge fictif. Quel crime a-t-elle donc commis ? A-t-elle vraiment brûlé le « cher disparu » dans le four à pizza au fond du jardin ?

Sa mère voulait qu’elle jouât du piano. Mais elle n’avait aucune affinité avec cet instrument « aux dents de la mer ». Elle n’aimait que le violoncelle. À quinze ans, elle a commencé à faire semblant d’apprendre à tirer des sons de cet instrument dont on raconte que les cordes sont celles d’un chanteur divin. Elle qui vivait dans l’ombre du « cher disparu », a fini par nouer un rapport charnel avec le violoncelle. Le compagnon ne l’a pas supporté.

Un crime parfait ?

Ce crime, l’a-t-elle fantasmé ? L’a-t-elle perpétré ? En fait, il n’est qu’un prétexte. Par la voix de Christine Jordan, Guy Foissy nous livre ses réflexions sur la vie, sur les faux-semblants qui nous collent aux basquets. Et d’avouer : «  On n’est sincère qu’avec ses rêves. Et la comédie commence quand les rêves s’achèvent. »

Claudia Saldivia Vega a signé une mise en scène subtile. Le dialogue entre la dame au violoncelle (qui n’en joue pas) et Fanny Balestro la violoncelliste accomplie, est léger et donne des ailes à cette pièce qui a des allures de tragédie et intrigue le spectateur. Il n’a pas boudé son plaisir en ovationnant les interprètes.

                                                                                                                                                                                                                                        Publié dans L'Omnibus, le vendredi 23 mai 2014

L’ULTIME CRI DE FRIDA KAHLO – L’Omnibus

SPECTACLE INTENSE

Par Marlène Rézenne

Le texte d’Anne-Marie Cellier qui emmenait le spectateur pour un voyage dans l’âme de la célèbre peintre et révolutionnaire mexicaine, paraissait sortir de la bouche de l’artiste. Il traduisait avec force ses souffrances : son immobilité, ses douleurs physiques (dues à un accident de bus), sa solitude, ses angoisses, sa démesure amoureuse, sa folie…

Seule sur scène, dans un espace fait de lumières épurées, sombres et rouges, Claudia Saldivia Vega, interprétait divinement bien l’artiste-peintre, ne laissant place à rien d’autre que la parole de Frida ; elle lui donnait vie, accompagnée par Diego Baeza, guitariste extraordinaire et doté d’une voix envoûtante, qui collait au monologue, à l’ultime cri de Frida Kahlo, à sa délivrance !

Difficile d’applaudir quand une interprétation pareille vous envahit, littéralement…

Puis ce fut une véritable ovation…une heure d’un monologue intense qui laissera des traces dans le public.

Publié dans L'Omnibus, le vendredi 13 mars 2009

L’ULTIME CRI DE FRIDA KAHLO – LES TROIS COUPS

LES TROIS COUPS
LE JOURNAL DU SPECTACLE VIVANT EN FRANCE
« Le bon critique est celui qui raconte les aventures de son âme au milieu des chefs-d’œuvre » A.FRANCE

LUNDI 16 JUILLET 2007

UN PUISSANT MONOLOGUE

L’Ultime Cri de Frida Kahlo est un véritable voyage dans l’âme de la célèbre peintre mexicaine. Le texte d’Anne-Marie Cellier paraît sortir directement de la bouche de l’artiste tant il traduit avec force ses souffrances : son immobilité, sa solitude, ses douleurs physiques et psychologiques, ses angoisses, sa folie…

On est plongé tout de suite dans le tourbillon Frida Kahlo : ceux qui la connaissent et qui l’aiment ne seront pas déçus et les autres seront certainement bouleversés par son univers si particulier, si touchant, mais aussi si oppressant. On a beaucoup de compassion pour cette femme peintre, qui est passée par les pires épreuves physiques (poliomyélite, accident de bus…), mais qui a toujours continué à peindre et à militer pour ses idées révolutionnaires dans ce Mexique de la première partie du vingtième siècle.

L’auteure de la pièce a choisi de redonner vie à Frida Kahlo sous la forme d’un puissant monologue à la mesure des épreuves de sa vie. Claudia Saldivia interprète divinement bien l’artiste peintre, elle nous donne ses tripes, sa fragilité, son talent… En effet, que serait un beau texte sans une bonne comédienne ? Claudia Saldivia est touchante et troublante, on aimerait l’écouter plus longtemps, une heure ne suffit pas !

La metteuse en scène, qui n’est autre que l’interprète de Frida, a voulu un espace et des lumières épurés, ne laissant place à rien d’autre que la parole de Frida Kahlo, seule face à nous, perdue, fragile et apeurée. Aussi envoûtante que la comédienne, la musique qui va et revient, nous entraîne dans ses rythmes andalous. À travers cette pièce, nous entendons retentir l’ultime cri de Frida Kahlo…

Émilie GALLET
Les Trois Coups
http://www.lestroiscoups.com/
Création Avignon 2007

Publié dans Festival et Off, 2007

CAMILLE CLAUDEL DE LA VALSE AU BAISER – EL MERCURIO

EL MERCURIO Santiago de Chile 14 de octubre 2006

« Camille Claudel » Loca de amor

De todos los montajes que en Chile se han hecho sobre la vida de la escultora y amante de Rodin, éste es el más logrado.

Crítica de Pedro Labra Herrera

Claudia Saldivia dirige “Camille Claudel” en la Estación Mapocho.

Tercer montaje aquí sobre la escultora maldita de tortuoso destino (el anterior fue el año pasado), "Camille Claudel, del vals al beso" es sin duda el más logrado. En 45 minutos, la estilizada puesta en escena despliega una potente y sensible evocación poética a tres voces de la artista, que es a la vez su desesperado adiós tras 30 años en un manicomio. Desamor, reclusión y muerte son para ella la misma cosa.

La francesa Anne-Marie Cellier escribió a partir de sus cartas el texto en que Camille-transfigurada en tres actrices vestidas con blancos trajes que parecen camisas de fuerza o mortajas- se arrastra y humilla suplicando amor de su maestro, Rodin, mucho mayor que ella, al que idolatró de modo obsesivo y extremo, mientras surgen en su delirio pasajes y otros personajes clave en su vida (su hermano Paul, poeta dramático, desde luego, su otro amor malsano). Como las alusiones son vagas, conviene manejar información previa de su biografía.

Este ceremonial alucinado de abandono y fúnebre sensualidad ocurre en un pasillo cubierto por una gran sábana blanca, flanqueado por sillas enfundadas para el público. En "off" y por parlantes se escuchan las voces de Rodin y Paul.

Las intensas actuaciones, las luces y la música ejecutada en vivo a un costado se conjugan para crear el clima de desgarro, enrarecido e irreal. Algunos textos son dichos en francés porque se trata de un colectivo binacional, que el próximo año hará con la obra una gira por Suiza y Francia, incluyendo presentaciones en el Festival de Avignon.

Publié dans EL MERCURIO, Santiago du Chili 2006


Traduction Critique 

El Mercurio
Santiago du Chili, samedi 14 octobre 2006.

« Camille Claudel » Folle d’amour

De tous les montages qui se sont faits au Chili sur la vie de la sculptrice et amante de Rodin, celui-ci est le plus réussi.

Pedro Labra Herrera.

Claudia Saldivia met en scène “Camille Claudel” à Estación Mapocho.

Troisième montage au sujet de la maudite sculpteur au destin tortueux (le dernier montage date de l’année passée), « Camille Claudel, del vals al beso » est sans aucun doute le plus réussi. En 45 minutes, la mise en scène stylisée dévoile une puissante et sensible évocation poétique à trois voix de l’artiste qui est aussi un adieu désespéré après 30 ans d’enfermement. Désamour, réclusion et mort ont pour elle la même signification.

C’est à partir de lettres écrites par la sculptrice que la française Anne-Marie Cellier a écrit le texte qui montre une Camille interprétée par trois actrices vêtues de costumes blancs aux allures de camisoles de force ou de mortaises. Le texte dévoile une femme qui se traîne et s’humilie en suppliant l’amour de son maître beaucoup plus âgé qu’elle, Rodin, celui qu’elle a idolâtré de manière obsessive et extrême pendant que surgissent dans son délire d’autres personnages clé de sa vie (son frère Paul, poète dramatique, son autre amour malsain). Comme les évocations de la vie de l’artiste sont vagues, il est utile de s’informer au préalable de la biographie de Camille.

Ce cérémonial d’abandon halluciné et de sensualité funèbre se déroule sur un couloir recouvert d’un grand drap blanc et bordé de chaises couvertes de tissu de même couleur pour le public. En voix « off » on entend parler Rodin et Paul.

Les jeux intenses, les lumières et la musique jouée en vivo sur un côté de l’espace scénique se conjuguent pour créer un climat de désarroi étrange et irréel. Certaines parties du texte sont dites en français parce qu’il s’agit d’un collectif binational qui, l’année prochaine, partira en tournée avec cette œuvre en Suisse et en France incluant, entre autres, des représentations au Festival d’ Avignon.

Publié dans EL MERCURIO, Santiago du Chili 2006

ACCIDENTS D’AMOUR – La Quinzaine Culturelle

Journal de Morges La Quinzaine Culturelle Vendredi 23 septembre 2005

Accidents d’amour… deux courtes pièces étaient présentées ce dernier week-end au Grand-Cellier du Château de La Sarraz par la Compagnie Alternance Théâtre, que dirige à Eclépens la comédienne professionnelle Claudia Saldivia Vega, chilienne d’origine et Suissesse par mariage.

D’abord Fait divers, du dramaturge Michel Azama (né en Catalogne en 1947), ensuite Parle-moi comme la pluie et laisse-moi écouter… de l’Américain Tennessee Williams (1991-1983). Le public passe à se guise d’une cave voûtée à l’autre et les comédiens jouent à portée de main des spectateurs.

Cette proximité inhabituelle souligne encore le côté dramatique et le jeu très « premier degré » des acteurs, deux couples submergés par la violence, les frustrations et la difficulté de communiquer dans notre société.

Le magnifique comédien professionnel Cristiàn Lagreze del Solar, incarnation de l’émigré rejeté et dévoré de haine contre l’injustice sociale, tient pendant vingt minutes la jeune Christine Jordan, symbole des jeunes cadres dynamiques, dans la ligne de mire de son revolver. Le rôle de la jeune femme est particulièrement délicat, et elle s’en sort plutôt bien ! Dans l’autre salle, Bruna Trinco et Jean-Michel Amman errent comme un couple de paumés en plein délire antinomique de « je te quitte-viens avec moi… », dans un climat psychologique désaxé que souligne magnifiquement leur jeu. Deux moments intenses, d’un expressionisme violent.

JJG.

Publié dans Le journal de Morges, le vendredi 23 septembre 2005